Les autres tsunamis du Golfe de Gascogne

Les tsunamis historiques sont difficiles à isoler des tempêtes et des vagues de submersion marine. Les témoignages écrits depuis 2000 ans sont rares et les témoins manquent de repères pour définir les évènements exceptionnels.

Depuis le tsunami médiatisé de Sumatra en 2004, la recherche est plus sensibilisée au phénomène, et l’on peut commencer à établir des listes.

Liste de tsunamis relevés au fil du temps :

  • Bouin en 585 (novembre intensité 5)
  • Sables d’Olonne en 1743
  • Brest et Bordeaux en 1755 (01/11 int. 2 et 1)

Le tsunami du Portugal a davantage été ressenti en Cornouailles anglaises, et dans la Manche plutôt que dans le Golfe de Gascogne protégé par le Cap Finisterre de Galice).

Le journal “La Charente Inférieure” relate un raz-de-marée par temps calme qui a détruit le littoral royannais *.

  • La Rochelle en 1969 (28/02 intensité 1)

Impact d’un séisme au Portugal ressenti par les marégraphes de la Rochelle..

Les faux tsunamis.

Les grosses tempêtes et submersions marines sont beaucoup plus fréquentes et regroupées indifféremment sous l’appellation « raz de marée ». elles sont difficiles à dissocier des tsunamis sans une étude précise des témoignages.

A titre d’exemple, la tempête Xynthia en 2010 pourrait être confondue avec un tsunami, mais très vite les conditions suivantes de la submersion marine sont remplies :

  • La tempête exerce une contrainte à la surface de l’eau provoquant une élévation du niveau marin et des courants.
  • Point essentiel : la chute de pression atmosphérique. Une baisse d’un hectopascal fait monter la mer de 1 cm. En 2010, la baisse de pression avait fait monter le niveau de 20 cm en 24 heures.
  • En déferlant, les vagues transfèrent leur énergie sur la colonne d’eau ce qui provoque une surcote liée à ces vagues.
  • La marée haute aggrave le phénomène.
  • Le flux et reflux des vagues poursuit la submersion en fonction de la pente du rivage.
  • La structure des côtes peut être fragilisée et détruite par cette submersion, et par exemple une rupture de digue génère la catastrophe.

Pour finir, l’absence d’activité sismique ressentie, finit d’invalider le tsunami.

Il en est ainsi de l’évènement extrême de 1351-1352 qualifié de tempête millénaire, ou le vent aurait poussé la mer sur les îles de Noirmoutier et Ré. Les digues et marais salants sont détruits. Et la mer inondera Noirmoutier pendant 50 ans. Les témoins évoquent le vent mais pas de secousses telluriques.

Annexe :

Echelle des tsunamis Sieberg-Ambraseys de 1 à 6

1, très légère. Onde si faible qu’elle n’est perceptible que sur les marégrammes.

2, onde légère observée par les populations du littoral et les habitués de la mer, généralement remarquée sur des rivages très plats.

3, assez forte généralement remarquée. Inondation des côtes en pente douce. Embarcations légères échouées. Constructions légères près des côtes faiblement endommagées. Dans les estuaires, inversion des cours d’eau jusqu’à une certaine distance en amont.

4, forte. Inondation du rivage sous un certaine hauteur d’eau. Affouillement des espaces aménagés. Constructions légères endommagées près des côtes. Constructions et structures en dur abîmées sur la côte. Gros voiliers et petits navires échoués à terre ou emportés au large. Côtes jonchées de débris flottants.

5, très forte. Inondation générale du rivage sous une certaine hauteur d’eau. Murs de soutènement des quais, constructions et structures en dur proches de la côte endommagés. Structures légères détruites. Profond affouillement des terres cultivées et côtes jonchées d’objets flottants et d’animaux marins. Exception faite des grands navires, toutes les autres catégories d’embarcations sont échouées ou emportées au large. Grands mascarets dans les estuaires. Ouvrages portuaires endommagés. Noyades. Vagues accompagnées d’un fort rugissement.

6, désastreuse. Destruction partielle ou complète des constructions et structures édifiées par l’homme jusqu’à une certaine distance du rivage. Inondation des côtes sous une grande hauteur d’eau. Gros navires gravement endommagés. Arbres déracinés ou cassés. Nombreuses victimes.

Références :

Lambert j., Pedreros R. (2012) – BD Tsunamis Inventaire historique des tsunamis en France. Bilan des travaux 2011. Rapport final. BRGM:RP-61152-FR, 46 p., 27 fig., 1CD-Rom.

Pedreros R., Garcin M., Krien Y., Monfort Climent D., Mugica J., François B. (2010) – Tempête Xynthia : Compte rendu de mission préliminaire. Rapport BRGM/RP-58261-FR, 45 p., 31 figs., 1 Ann.

500 ans de vimers sur le littoral de Poitou-Charentes. Risques
et vulnérabilité des sociétés. Emmanuel GARNIER, MCF habilité en Histoire moderne, Université de Saint Quentin en Yvelines /
Institut Universitaire de France. Expliquer Xynthia, comprendre le phénomène. Sous la direction de Thierry SAUZEAU Journée d‟études organisée par
La Région Poitou-Charentes Maison de la Région, Poitiers 24juin 2010.

BRGM Liste des tsunamis en France rapport final 2011 (non exhaustif) https://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-61152-FR.pdf

(*) Programme d’actions de prévention des inondations du Bassin de la Seudre. Syndicat Mixte d’Accompagnement du SAGE Seudre. Fiche de synthèse PAPI d’intention 25/06/2013. https://www.bassin-de-marennes.com/wp-content/uploads/2018/07/Dossier_candidature_PAPI_intention.pdf

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