Nous avons évoqué les notions de mésolithique et néolithique sans vraiment préciser les causes et les conséquences de cette rupture.
Le mésolithique est cette période de l’histoire qui commence en Europe il y a 11 700 ans avec la fin du dernier épisode glaciaire du Dryas. Les hommes issus du paléolithique profitent du réchauffement pour revenir timidement sur les terres qu’ils avaient abandonné lors du dernier coup de froid. Ils s’étaient réfugiés au sud de l’Italie et de l’Espagne. Nous les appelons « I2A ». Ils vivent principalement de chasse et cueillette en pratiquant une vie semi nomade dans de petits villages avec des cabanes regroupant une famille élargie.
Ne nous trompons pas, leurs connaissances sont déjà avancées et ils savent organiser l’espace. En vivant au bord de la mer et des fleuves, ils profitent de la pêche pour disposer de protéines tout au long de l’année. Ils construisent par exemple de vastes pièges pour retenir les poissons au gré des marées. Construire et entretenir ces structures de branchages et de pierres (de plus de 100 m) demande beaucoup de d’efforts ce qui les obligent à se regrouper et s’enraciner.
L’inhumation des morts est aussi un facteur de sédentarité. Les repères laissés au sol marquent leur territoire. Ils ont conscience de l’endroit où ils sont et vont pouvoir se déplacer pour échanger des objets et des idées sur des distances assez longues.
Le principal souci pour les déplacements c’est cette forêt qui occupe tout l’espace disponible. Certes nourricière, elle constitue un obstacle majeur aux déplacements. Les hommes y sont peu nombreux et préfèrent vivre au bord des cours d’eau qui deviennent routes avec l’usage des pirogues.
Leur mémoire est plus développée et sollicitée que celle de l’homme moderne, ils peuvent voyager sur de longues distances et plusieurs semaines en écoutant préalablement les consignes des vétérans.
Pour donner une idée des distances, on a trouvé dans une grotte de Bavière un collier de coquillages témoignant d’échanges avec la mer noire par le Danube concomitamment avec la méditerranée par le couloir rhodanien.
Autre exemple, la circulation des têtes de flèches trapézoïdales. La technique de fabrication remonte (en bateau ?) par Malte, la Sicile, puis la Corse, le sud de la France et enfin la Bretagne qui sera la dernière région à l’utiliser. La progression s’est faite comme un effet de mode sans lendemain, et l’analyse génétique montre qu’il n’y a pas eu de mouvement de population.
La période est peut-être rustique mais riche d’échanges de biens, d’idées et de savoirs.
Sans les connaître directement ils ont donc pu entendre parler d’hommes bizarres, petits, très nombreux, qui travaillent comme des fourmis, se déplaçant avec des animaux qui les suivent sans s’effaroucher, et surtout qui sèment la terreur et la mort en incendiant la forêt : Les néolithiques, les « G2A ».