La conquête de l’ouest

L’expansion des éleveurs de bovins que je qualifie de Levantins se retrouve en Méditerranée de Chypre au Péloponnèse en passant par la Crète vers 7000 av. JC.

1 Gobekli Tepe 2 Nevali Çori 3 Çayönü 4 Mureybet 5 Tell Halula 6 Dja’De 7 Tell Qaramel 8 Tell Kurdu  9 Kfar Hahoresh 10 Atlit Yam 11 Shillourokambos 12 Khirokitia 13 Göllü Dağ 14 Aşikli Höyük 15 Boncuklu 16 Çatal höyük 17 Suberde 18 Hacilar 19 Knossos 20 Milos 21 Franchthi 22 Çukuriçi 23 Ulucak Höyük 24 Aktopraklic 25 Barcin 26 Hoça Cesme 27 Karanovo 28 Yabalkovo 29 Kovacevo 30 Revenia 31 Giannitsa 32 Skopje 33 Sidari 34 Theopetra cave 35 Argissa 36 Sesklo 37 Achilleion 38 Motza 39 Jericho.

Milos (20) en mer Egée leur fournit l’obsidienne, et le sel récupéré un peu partout sur le rivage nourrit le bétail. Puis, la Thessalie (de 29 à 36) leur offre un espace vierge où ils vont pouvoir prospérer de 6700 à 6400 avant JC. Ils ne laissent toujours pas de sépultures dans le sol et ne se séparent pas des figurines aux yeux à grains de café. Le contact avec les G2a qui occupent alors la côte vers Smyrne et Marmara (24 à 28) semblait pacifique et fait d’échanges. Les sites peuplés de G2A de Curuciki (22) et Uluçak (23) sur la côte égéenne se fournissent en obsidienne à Mélos et sont initiés à la taille des silex par pression au levier dès 6700 avant JC, avant même ceux de Çatalöyük (16) en 6500 avant JC. Une étude plus poussée des évènements montre aux alentours de 6660 avant JC la présence simultanée de figurines féminines aux yeux en grain de café, de l’utilisation de la pression au levier pour tailler les silex avec un accroissement de la population. Ce sont les Levantins qui commencent à investir toute la mer Egée et chasser les G2A qui y avaient trouvé refuge. (voir annexe ci-dessous).

Pour La zone de Marmara (le Bosphore), il y a à nouveau des mouvements de population. A Barcin (25), les G2A disparaissent de mes fichiers et sont remplacés dès 6 300 avant JC par des C1a2, H2m, J2a1 (Levantins) et I2a2.

Cette domination des Levantins se retrouve plus au sud vis-à-vis des E1B1. Accompagnés de leur bétail, ils investissent les lieux profitant du déclin d’une civilisation natoufienne qui avait commencé à construire des villages en briques et initier un début de domestication des animaux. Subissant le réchauffement de l’holocène, la sécheresse et la rareté du gibier ont arrêté son expansion qui couvrait alors le nord de l’Afrique jusqu’au Maroc. Jéricho (39) premier village en brique de l’histoire (10 000 ans avant J.C.), voit avec l’arrivée initiale des Levantins vers 8000 avant J.C., l’élévation de tours sur le style de celles de Tell Qaramel (7) plus anciennes de 2 millénaires. Puis en 6600-6400 avant J.C., la vague néolithique apporte des figurines levantines près du jourdain à Yarmouk, et l’érection des stèles de Atlit Yam (lien les premiers G2A). Les éleveurs Levantins poursuivront en Egypte et vers le lac Tchad beaucoup plus fertile que maintenant.

L’expansion vers l’est en direction de l’Indus se fera (probablement) dans des conditions similaires.

Le coup de froid de 6200 avant JC, met un terme à cette période. Accompagné d’une forte baisse de la pluviométrie, c’est en Europe, Afrique et Asie une catastrophe au niveau planétaire causant partout la famine et les épidémies.

C’est violent, au vu des études faites au Groenland, la température aurait baissé de 4 à 6 °c en 60 ans, pour revenir au niveau précédent en 90 ans.

         A partir de cette date, la vague néolithique levantine se sépare en deux :

         Une route par le nord en direction du Danube et l’autre vers l’ouest en Italie.

Chassés du Taurus, puis de la côte est de la mer Egée, les G2A, ne vont pas sortir de l’histoire, bien au contraire. Rassemblés au nord-ouest de la Turquie, ils vont tirer profit des sources salées et des mines d’obsidienne disponibles dans cette région bordant la mer Noire. Ils vont développer une culture bien spécifique et se différencier de la vague Levantine.

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Annexe :

Les traces génétiques :

Pour le Taurus :

Après les 3 Adn (x) G2a relevés au 9 et 8ème millénaire à Boncuklu et Asikli au chapitre précédent, de nouveaux sites tout proches émergent au 7ème millénaire :

Çatal höyük (16) :

  G2a2a1/(K1a) (6905-6885 av. J.C.) réf. CCH289

  C1a2/(N1a1a1) (6670-6650) réf. CCH144

  C1A2/(H2a2a) (non daté) réf CCH294

  H3a1/(H2a2a1d) (6625-6600) réf. CCH290

Une césure génétique est intervenue à partir de 6660 dans la composition du groupe humain de Çatal höyük qui correspond aux changements culturels constatés par les fouilles.

Source : Variable kinship patterns in Neolithic Anatolia revealed by ancient genomes. Reyhan Yaka et al., 2021, Current Biology 31, 2455–2468 June 7, 2021. © 2021 The Authors. Published by Elsevier Inc. https://doi.org/10.1016/j.cub.2021.03.050.

Tepecik-Çiftlik :

Proche du volcan Göllüdağ (13) et des mines d’obsidiennes connait la même transition :

  G2a2a/(N1b1a) (6570-6422) réf. Tep003 (niveau 5)

    J/(K1a) (6645-6481) réf. Tep001 (niveau 5)

    C1a2/(N1a1a1) (6223-6072) réf. Tep006 (niveau 4)

                   Archéologiquement, la césure entre les niveaux 4 et 5 est datée de 6650 (E. Biçakçi, 2016). « L’emprise spatiale de structures d’habitats sur l’aire ouverte débute au niveau 4, avec l’établissement de bâtiments de plan carré, présentant des murs de soutènement à double rangée de pierres non taillées ». Le village se développe sur un axe Est-ouest et délaisse la sépulture collective antérieure.

Sources :

Erhan Biçakçi, Martin Godon, Ali Metin Büyükkarakaya, Korhan Erturaç, Catherine Kuzucuoğlu, Yasin Gökhan Çakan et Alice Vinet, « Les fouilles de Tepecik-Çiftlik et les activités du programme Melendiz préhistorique, campagne 2016 », Anatolia Antiqua [En ligne], XXV | 2017, mis en ligne le 01 mai 2019, consulté le 19 décembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/anatoliaantiqua/443 ; DOI : https://doi.org/10.4000/anatoliaantiqua.443

Kılınç, G. M., Omrak, A., Özer, F., Günther, T., Büyükkarakaya, A. M., Bıçakçı, E., … & Koptekin, D. (2016). The demographic development of the first farmers in Anatolia. Current Biology, 26(19), 2659-2666.

Pour la mer de Marmara :

La césure des périodes est moins évidente. Les G2A semblent résister à l’arrivée des nouveaux venus au niveau du Bosphore. Barcin voit un mélange des populations aux mêmes périodes et sur les mêmes sites fouillés. La majorité des restes appartient aux G2a, mais vers 6300-6200 l’arrivée des Levantins est perceptible.

Barcin (25) :

   G2a2b2a/(N1a1a1) (6345-6255) réf. Bar25

    G2a2b2a3/(W1) (6424-6251) réf I1097

    G2a2a1a2/K1a2e (6424-6233) réf. I1583

     G2a2b2a3/J1c (6402-6243) réf. I0744

      G2a2b/(X2m) (6417-6236) réf. Bar31

     H2m1/U8b1b1 (6387-6111) réf. I0745

J2a1/(N1b1a) (6224-6074) réf. I0708

  H2m/(U3) (6223-6034) réf. I0709

 G2a2b2a1a1c/(K1a) (6070-5888) réf I0746

Ci-dessous, l’étude de Mathieson (déjà ancienne 2015 !) ne donne pas plus de précision pour la datation que 6500-6200 av. J.C.

C1a2/(K1a3a) (6500-6200) réf. I1102

G2a2a1a2a/(K1b1b1) (6500-6200)

G2a2a1a2a/(T2b) (6500-6200) réf. I1099

   H2/(T2b) (6500-6200) réf. I1101

   I2a2a/(N1a1a1) (6500-6200) réf. 1096

Sources :

 (réf. en I) Mathieson, I., Lazaridis, I., Rohland, N. et al. Genome-wide patterns of selection in 230 ancient Eurasians. Nature 528, 499–503 (2015)

(réf. en Bar) Marchi, N., Winkelbach, Schulz, I., Brami, M., Hofmanova, Z., Blocher, J.,… & Excoffier, L. (2020).The mixed genetic origin of the first farmers of Europe. BioRxiv2 020.11.23.394502

Remarque :

Mon approche génétique est très basique et peu orthodoxe et je m’en excuse ici. Les documents scientifiques traitent les données par logiciels (admixture notamment) pour rapprocher les gènes entre eux et créer des nuages de points censés indiquer les mouvements de population (ce dont je suis incapable de faire). Je préfère du fait de la patrilocalité, suivre dans le cas des Néolithiques G2a, les seuls Adn Y. En éliminant les gènes X, je peux plus facilement remarquer les changements brusques de population à un endroit donné et savoir où ils vont. (Un peu comme en économie lorsque l’on distingue la macro de la micro-économie…). Cette démarche va nous être très utile par la suite dans les Balkans et le Danube.

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