Le site daté de 9600 ans avant JC au début de l’holocène marque un tournant dans l’histoire humaine.
Posée au milieu de la Mésopotamie, au nord du croissant fertile et proche de l’Euphrate, c’est la plus ancienne construction mégalithe de la (pré)histoire.

1 Göbekli Tepe, 2 Nevali Çori, 3 Dja’de, 4 Asikli, 5 Jericho, 6 Çayönü
La végétation de cette période est celle d’un climat tempéré et les chasseurs cueilleurs semi-nomades vont décider à cet instant précis de s’enraciner là pour témoigner de leur présence et vénérer leurs dieux. On y a taillé des stèles en forme de T dans le calcaire, pesant plus de 10 tonnes chacune. Les pierres sont regroupées en cercle semi enterré. La technique est déjà bien maîtrisée. Les dessins gravés sont parfaits et représentent des personnages et des animaux. Les stèles sont lisses et droites. On ne connaît pas encore exactement la finalité du lieu et il faut préciser que d’autres sites semblables avec ou sans chapiteau ont été découverts dans les environs comme Nevali Çori (8300 avant JC) ou Çayönü (8500 avant JC).



J’aurai aimé faire le raccourci un peu simpliste entre des G2A inventant le mégalithisme il y a 12 000 ans pour le déplacer 5 000 ans plus tard à Carnac, mais l’absence d’ossements exploitables (fragments crâniens uniquement) ne permet pas de savoir qui est à l’origine de l’ouvrage, et malheureusement le mégalithisme va sortir de l’histoire pendant toutes ces années. Ces crânes inexploitables pour l’analyse Adn proviennent peut-être de la pratique de l’exposition des défunts aux vautours. On aurait utilisé ces stèles pour y déposer des cadavres. Les gravures de ces oiseaux témoignent de l’importance qui leur était accordée.

(Avec cette gravure, on ne peut pas ignorer la frise décorative en arrière-plan, qui rappelle étrangement un motif de la tranche d’une stèle de seuil de Gavrinis gravée en 4000 avant JC. Donc 5000 ans plus tard et 3600 km plus loin !).

Les 2 sites de Nevali Çori et Çayönü proches géographiquement et culturellement de Göbekli Tepe, avec les mêmes piliers mégalithes, vont nous fournir les premières traces Adn des occupants des lieux.
Pour Nevali, nous ne disposons que d’un seul Adn (x) Mitochondrial T2C1 daté de 8281-7249 avant J.C. (X. Wang et al. 06/2022), et qui est très commun dans la région (on le retrouvera en Europe sur les routes danubiennes et méditerranéennes), il ne permet pas une affectation précise à un groupe culturel.
Pour Çayönü, c’est plus pertinent, cliquez sur le lien ci-dessous :
Suite : Les premiers G2A et la domestication.
Xiaoran Wang, Eirini Skourtanioti, Marion Benz , Julia Gresky , Jana Ilgner , Mary Lucas , Michael Morsch , Joris Peters, Nadja Pöllath, Harald Ringbauer, Petrus le Roux , Michael Schultz , Johannes Krause , Patrick Roberts, and Philipp W. Stockhammer. 06/2022. Isotopic and DNA analyses reveal multiscale PPNB mobility and migration across Southeastern Anatolia and the Southern Levant. Proceedings of the National Academy of Sciences. Vol. 120 N. 4 https://doi.org/10.1073/pnas.2210611120 ( voir les annexes dataset 01,04 et surtout 06, l’individu NEV009 n°lab OxA 8234).