Le Pourquoi pas ?

C’est une belle entrée en matière quand on propose une hypothèse qui n’a pas encore été explorée

Ici, il s’agit du nom du navire de l’Ifremer de la Marine Nationale mis à la disposition des chercheurs depuis 2005.

107 mètres de long, 20 hommes d’équipage, pouvant embarquer 40 chercheurs avec tout le matériel nécessaire à l’exploration des fonds marins du monde entier.

En 2010, il se présente comme ceci :

Il emmène avec lui une jeune doctorante qui fait une thèse sur les déplacements de sédiments dans le Golfe de Gascogne.

Elle soutient sa thèse en 2015, qui contient l’analyse d’une carotte prélevée à – 3600 m de profondeur dans le chenal est de Santander proche du Mont Landes qui se situe à – 3200 mètres.

Emplacement de la carotte PP10-18 (S. Brocheray 2015)

Le petit filet bleu qui s’écoule dans la branche ouest à 4000 mètres de profondeurs correspond à la poursuite du canyon de Cap Breton depuis l’ancien lit de l’Adour jusqu’au point bas du Golfe à -4500 mètres.

Il draine avec lui les écoulements de sédiments de toute cette région sud du Golfe.

Notons la branche Est où se situe le prélèvement par carotte et qui semble inerte comme le bras mort d’un fleuve. La sédimentation y est lente et de plus en plus fine.

Pendant la période Glaciaire, les Icebergs venaient finir leur périple océanique et déposaient des minéraux quartziques venus de la calotte glaciaire.

La carotte PP10-18 Ci-dessous retrace cet historique.

Lithologie de la carotte PP10-18 (S. Brocheray, 2015).

  La carotte fait 9 m de long. 2 datations ponctuelles sont faites à 14700 et 13000 ans avant aujourd’hui. Ces dates sont validées par le comptage de planctons fossiles géants, les Pachydermas. On calcule la proportions de Pachydermas sénestres par rapport aux dextres, et l’on connait les périodes froides. Car les planctons ont une croissance en spirale qui tourne à gauche dans les eaux froides et inverse dans les eaux plus chaudes.

  La chercheuse représente ainsi la période Heinrich 1 qui correspond aux débâcles glaciaires et à la montée des eaux très rapide. Puis, le Bollinger, courte période de réchauffement précédant le Young Dryas ( Y.D.) caractérisé par un froid intense qui favorise les Pachydermas sénestres.

  L’holocène enfin , à partir de 11700 ans , qui ne représente que 3 mètres de la carottes (le tiers), alors que sa durée en représente les 2 /3. C’est dû au ralentissement de la sédimentation qui est plus fine.

  Ce qui m’intéresse ici, c’est l’image nette de la période holocène, avec une sédimentation lente et régulière, mais avec l’apparition de 2 pointes de Zirconium anormales en plein holocène et sans raisons particulières.

détail de la carotte pp10-18 (holocène)

Le Zirconium est présent dans le quartz et l’on utilise ses propriétés de fluorescence avec les rayons X pour mesurer le nombre de coups par seconde.

On a ici 2 apports de quartz anormaux situé à 1.3 m et 1.72 m du sol on peut extrapoler une datation aux alentours de 4300 Av. JC et 3000 av. JC.

Si mon livre évoque le Tsunami de Carnac, j’évoque aussi un deuxième tsunami un peu plus récent mais moins emblématique d’un pont de vue historique.

La présence de quartz provient selon moi, d’un apport de sables grossiers venus du mont Landes situé en amont qui a été balayés par les remous des tsunamis.

Les sables ainsi remis en suspension se sont déposés en aval dans le creux de chenal de Santander.

Nous pouvons le vérifier avec un autre prélèvement effectué sur ce promontoire et dont l’absence de dépôts sédimentaires holocène (un hiatus) témoigne de ce coup de balai !

Carotte CH7204 Pujol 1980, (S. Zaragosi 2001).

Maintenant que vous êtes familiarisé avec ces figures, vous avez pu voir que la partie supérieure de la carotte à gauche est daté du H1 soit le Heinrich 1 dernière période de débâcle des icebergs dans le Golfe validée par un taux de Pachydermas senestres (peu frileux) de près de 100%.

Au dessus , il n’y a rien entre 15000 ans et aujourd’hui, le mont est érodé.

Voila pour le chenal de Santander qui semble avoir été le témoin de 2 évènements majeurs.

Sandra Brocheray, 2015 Transferts et accumulations sur les marges du Golfe de Gascogne : Architecture, fonctionnement et contrôles. Université de Bordeaux.

Sébastien Zaragosi, 2001 Les systèmes turbiditiques profonds de la marge celtique armoricaine (Golfe de Gascogne) : Physiographie et évolution au cours des derniers 30 000 ans. Université de Bordeaux 1.

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