Définition
Les tumuli sont ces dômes de terre ou de pierre construits de mains d’hommes, qui jalonnent la campagne. De différentes tailles et d’époques, ils servaient à ensevelir les défunts ou des monuments mémoriels pour marquer le paysage et s’assurer de leur pérennité. On en trouve sous toutes les latitudes et les célèbres temples d’Angkor, les pyramides égyptiennes et mayas en sont les représentants les plus aboutis.
Description
Êtes-vous déjà entré dans un tumulus ? Claustrophobes s’abstenir ! L’expérience est particulière. Avant d’entrer on se demande, si cette masse de terre et de pierres ne va pas s’effondrer juste au moment où l’on pénètre dans le monument. Très vite, la raison reprend le dessus et l’on se dit que 6000 ans et toujours debout, il y a peu de risque que cela arrive à cet instant. Puis avant d’y aller, la peur d’être enfermé par quelqu’un de l’extérieur vous fait un peu hésiter. Mais la tentation est trop grande, et l’on prend quand même le risque…
Pour commencer, et c’est systématique, il vous faut baisser la tête. Ils auraient pu édifier les tumuli avec des entrées plus hautes. Ce n’est jamais le cas. Qui que vous soyez, il vous faut courber l’échine. Est-ce volontaire ? Je le crois. Le but est de faire rentrer les visiteurs la tête baissée en signe de respect, soumission et humilité. De même vous ne pouvez pas rentrer à plusieurs de front. L’expérience doit être vécue individuellement. C’est une affaire personnelle entre vous, le monument et le dignitaire qui est enterré là. Passé l’entrée, vous vous enfilez dans un boyau resserré. Vous devez rester sur vos gardes car le plafond irrégulier est bas et comme moi vous pouvez vous cognez le crâne ! C’est douloureux et surtout très contrariant. Malgré toutes vos précautions, et si cela vous arrive, vous penserez qu’un esprit frappeur s’est rappelé à vous ! Puis nous arrivons dans la salle principale. Au néolithique il s’agit plutôt d’un cagibi, mais au moins on peut se tenir droit et détail rassurant : à plusieurs. J’espère que vous n’avez pas oublié votre lampe de poche, car l’on ne voit plus rien. La petite issue n’éclaire pas l’intérieur et le contraste avec l’extérieur vous aveugle un moment. S’il fait chaud dehors, à l’intérieur c’est frais et humide, et réciproquement l’hiver vous êtes à l’abri des éléments. Mais ce n’est pas agréable pour autant, il n’y a plus le souffle de l’air extérieur, et plus de bruit non plus. Il semble que la vie, le temps s’arrêtent. Est-ce cela le monde des morts ? La perte des sensations ? Très vite on allume un portable, une lampe pour voir. Les murs sont constitués de grosses pierres souvent suintantes et de moellons de pierres sèches, qui parfois recouvrent d’un dôme le plafond, ou parfois une grosse pierre de plusieurs dizaines de tonnes est suspendue au-dessus de vous avec ou sans fissures. Les archéologues sont passés avant vous et ont retiré les ossements et c’est tant mieux. Pour les offrandes, inutile de chercher, elles sont au musée où vous pourriez admirer les haches, les perles, les tessons et autres artéfacts plus ou moins nombreux. Par contre, il vous reste à deviner dans la pénombre et comme un jeu les inscriptions laissées sur la pierre. Là je reconnais un oiseau, une hache gravée avec ou sans manche. Là cette hache charrue que l’on reconnait maintenant être le symbole du cachalot. Et puis, parfois rien, ou encore des pierres réutilisées avec des gravures incomplètes. Peu importe, vous connaissez déjà les photos prises dans de meilleures conditions par les professionnels. Le but est de ressentir l’atmosphère, de se projeter à l’époque de l’édification du monument. Et enfin on comprend, on a créé une grotte artificielle, pour pouvoir ensevelir les défunts et pratiquer les rites connus depuis l’origine de l’humanité. Le jeune Grec Pythagore otage pendant 10 ans des Egyptiens a été initié à ce mystère. Comme vous il a pénétré la pyramide par un couloir étroit et obscur. A la différence près qu’il dut plonger dans un bassin, retenir sa respiration et nager sous l’eau pour passer sous une paroi et ressortir à l’air libre, tel un nouveau-né repêché par les mains salutaires des prêtres. Comme lui, vous êtes à la merci du bon vouloir de la déesse mère Terre. Vous êtes là dans ses entrailles et elle vous tolère. S’il lui prend d’être courroucée et de provoquer un séisme vous finirez écrasés ou asphyxiés sous la masse des pierres. Personne ne pourra rien pour vous. Edifié par cette révélation, vous cherchez malgré tout à sortir rapidement par où vous êtes entré. La préséance vous autorise à passer avant ceux qui rentrent et vous ne vous en privez pas au risque de les frôler. Puis vous êtes sorti, un peu honteux de vos craintes, content d’avoir été initié et satisfait de profiter du vent et de la douceur du soleil. Le monde des morts se sera pour plus tard.
Mégalithes
La période mégalithe, plus ancienne, voit l’ouest de la France initier ce phénomène dès le Vème millénaire. Bougon dans les Deux-Sèvres est à ce jour le plus ancien suivi des tumuli Carnacéens et Finistériens.

Tumulus de Bougon (photo www.tourisme-hautvaldesevre.fr)
Ce courant va rapidement s’étendre dans toute l’Europe pendant 2000 ans avec de magnifiques exemples comme Newgrange, Silbury ou encore Antequera.

Tumulus de Newgrange, vallée de la boyne Irlande (photo http://gaia.merveille.free.fr/)
Mais si l’on veut connaître l’origine de ce mouvement, il faut se tourner vers la culture Cerny (Normandie, Bassin Parisien dès la première moitié du Vème millénaire). Les hommes réalisaient de longs tumuli de terre pour y inhumer leurs chefs et les entourer de palissades en bois sur plus de 200 mètres de longueur. Les techniques de construction utilisaient ce bois dont l’expertise fut acquise lors de la migration de leurs ancêtres défricheurs de forêts depuis la mer Egée puis le Danube pendant 2000 ans (Voir Saga des G2A).
Ces ancêtres appelés rubanés (pour la forme en ruban des décors de leur poterie) nous ont laissés en Europe de nombreuses traces de poteaux témoignant de leurs maisons en bois longues parfois de 85 m et sur 3 niveaux. (mégaxyles).
Monumentalisme
Ce détail est important car ils vont apporter à Carnac leur technique d’édification de charges lourdes en hauteur.
Les tumuli de la culture Cerny présentent la particularité de déplacer un volume considérable de terres et de pierres avec pour seul outil à notre connaissance : le bois de cerf ! Ce qui nécessite des capacités d’organisation logistique pour mobiliser et nourrir un nombre important d’ouvriers. L’intérieur des tombes est spartiate ! (1 mouton et une pointe de flèche en offrande pour chaque tombe à Fleury sur Orne par exemple). Mais pas toujours, les premières perles en variscite andalouse sont retrouvées sur 2 sites des cultures rubanées en Normandie et l’est de la France. Ce qui dénote une influence et des contacts méditerranéens.
Ostentation
Une autre caractéristique de ces tumuli c’est la recherche de l’ostentatoire qui provient selon nous à la fois de la branche méditerranéenne de cette même grande migration anatolienne et des indigènes anciens chasseurs-cueilleurs acculturés.
Ayant abordé les côtes françaises par le sud vers 5 800 avant JC, donc plus tôt que les rubanés précédemment cités, ils ont eu le temps de diffuser progressivement leur culture cardiale (pour les décors en forme de coquillage sur les poteries) d’agriculteurs-éleveurs à toute la France, par le Rhône, la Garonne et la Loire. On retrouve ainsi à Avignon, en Charente ou près de la Loire des sites funéraires avec ou sans tertres, mais regorgeant parfois de colliers en coquillage et de haches.
Alain Testart dans « Avant l’histoire » a défini la culture mégalithique de ploutocratie ostentatoire pour la distinguer de la vague néolithique. Cela s’applique bien à nos carnacéens, mais les développements récents de la recherche avec la découverte d’une néolithisation plus précoce de la Bretagne (vers 4 900 ans avant JC) montrent que ce goût s’est développé simultanément chez les mésolithiques comme les néolithiques. On trouve dans les 2 groupes le souci d’accompagner les défunts importants d’objets de valeur et de tombes marquant le paysage.
Terrain favorable
L’habitude de dresser des pierres dans la campagne ou d’en couvrir les tombes était déjà répandue parmi les populations de chasseurs-cueilleurs du sud de l’Espagne à la Bretagne sur cette façade Atlantique. On trouve des menhirs de petite taille et anthropomorphes en Algarve, des cromlechs en Espagne, une file de menhirs dont l’un en forme humaine à Hoëdic, île du Morbihan. Et un alignement de 39 pierres dit Montauban à Carnac (rendu célèbre par l’implantation d’un magasin de bricolage). N’oublions pas non plus les pêcheries, larges cercles de pierres dressées sur le rivage permettant de piéger les poissons avec le retrait des marées. Cette pratique largement utilisée dès le mésolithique sur toute la façade Atlantique de l’Espagne à l’Ecosse a familiarisé les hommes avec la manipulation de ces grosses pierres.
Dans le film docu-fiction, Téviec, meurtre au Mésolithique (H. Beasse, 2022), basé sur les recherches de la famille Péquart dans les années 1930, on apprend que 6 000 ans avant JC, les occupants mésolithiques ont érigé une tombe près de Quiberon pour un personnage important, avec son collier de coquillages. Sa tombe était recouverte de bois de cerf, d’une vertèbre de cachalot, d’une dalle en granite, et d’un cairn en pierre de 1 m précurseur modèle réduit des futurs tumuli carnacéens. (Notons que si cette pierre avait été arrachée du substrat elle aurait nécessité des techniques évoluées et avant-gardistes ; sinon, elle était simplement ramassée telle qu’elle).
La Méditerranée, n’est pas en reste. La vague cardiale partant de calabre, passant par la corse, la Ligurie, la Côte d’Azur, le Languedoc, et la Catalogne, laisse sur son passage des structures de pierres sur les tombes creusées dans le sol ou le roc. Cela se précise davantage à partir de la Charente et le Poitou, comme à Bougon où l’on commence vers 4700-4600 avant JC à construire des tumuli en pierre sèche pour couvrir les tombes.
Spécificité carnacéenne
A Carnac, on innove, on ajoute un tumulus en terre de type Cerny au-dessus de ces cairns pour les envelopper.
Les carnacéens n’ont donc pas inventé le mégalithisme, ils l’ont trouvé sur place et l’ont transcendé.
La fusion des cultures mésolithiques et néolithique qui s’est produite à l’époque à la fois par les techniques, mais aussi par la parenté, s’est faite progressivement dans l’espace français tout au long du Vème millénaire.
Carnac en est l’aboutissement.

Convergence Néolithique.
1 Carnac 2 Fleury sur Orne 3 Bougon 4 Prissé la Charrière 5 Corconne 6 El Trocs 7 Pancarbo 8 El Portalon 9 Fuente Celada 10 Menhirs Meada et Patalou 11 Mines Encinasola 12 Tartessos 13 Antequera 14 Pontevedra 15 Chousa Nova 16 Dombate 17 Abobobeira 18 Sartene 19 Renaghju 20 Li Muri 21 Pantelleria 22 Malte 23 Grotta Dell’Uzzo 24 Etna 25 Cabo Dell’Armi 26 Lipari 27 Stromboli 28 Pizzo 29 Volcan Ischia 30 Pamarolla 31 Vésuve 32 Monte San Biagio 33 Grotta Continenzza 34 Ripabianca 35 Mont Beigua 36 Mont Viso 37 Pandimoun 38 Bréguières 39 Gurgy les Noisats 40 Herxheim 41 Kolin 42 Brunn Am Gebirge 43 Langenzerdorf 44 Schletz 45 Falkenstein 46 Kargadur 47 Zemmunica cave 48 Sidari.
RRBP : rubané récent du Bassin Parisien. VSG : Villeneuve Saint Germain.
Analyse
L’intérêt pour nous d’étudier les tumuli, est qu’ils recèlent d’énormes trésors d’informations dans la position géographique, les strates de la structure, les dépôts mobiliers laissés, et les squelettes. On peut dater, évaluer les charges de travail, étudier les techniques de construction, mieux comprendre les sociétés humaines dans leur organisation et les échanges sociaux.
Pour les tumuli carnacéens et au-delà, il faut distinguer 2 périodes qui marquent bien la césure produite par le tsunami
De 4 600 à 4 300 av. JC (néolithique moyen I):
Des tertres géants composés de vase et de pierres protégeant une chambre arrondie encadrée de stèles en granite et de pierres sèches dans les interstices. Ils sont destinés à abriter les restes d’un seul haut dignitaire au néolithique moyen I.
- tumulus Manio
Tombe à coffre du néolithique ancien (4800-4600 avant JC). Il se situe sous les alignements de Kermario. Il faisait 35 mètres de long et 27 de large, il encadrait 60 coffres funéraires (ensevelissement collectif propre à la culture pré-Castellic précédant celle du Royaume de Carnac). Situé à 20 mètres d’altitude il a été épargné par les vagues.
- tumulus Mané er Hroëck
Tumulus de forme ovale près de Locmariaquer de 100 m sur 60 m et 10 m de haut constitué de 20 000 m3 de terres et de pierres. On n’y trouve aucun reste humain (à ce jour). Plus de 100 perles en variscite, 90 haches en fibrolithe et 15 haches en jade dont certaines à talon perforé.

Mais surtout cette belle hache, toute en jadéite avec sa nervure centrale (arête médiane parfaitement rectiligne), surplombant 1 anneau du même matériau.

Mané est peut-être le tumulus le plus ancien parmi les 3 grands (Saint michel, Tumiac et Mané-er-Hroëck), avec les mobiliers les plus diversifiés.
Il est situé à 12 m d’altitude.
Il a subi les assauts des vagues, et je retiens cette phrase écrite par l’archéologue qui a exploré le tumulus en 1863 et qui propose une explication :
« Il me parait probable que notre tumulus était recouvert d’une enveloppe de terre. Si l’on n’en trouve plus de restes que sur le sommet et tout à fait en bas, c’est que sans doute les eaux pluviales agissant plus énergiquement sur les parties inclinées de la tombelle y ont dénudé le galgal (ossature interne en pierres) ». Et sa note G/H : « cependant la quantité de terre est tellement faible qu’il ne serait pas impossible qu’elle eût une origine naturelle… ». (R. Galle. 1863).
Pour nous, les vagues ont alors pu arracher la partie meuble et médiane du tumulus en ne laissant que les pierres.


Nous proposons aussi l’hypothèse que les survivants ont « réparé » l’entrée du tumulus par la dépose en réemploi d’une stèle gravée du motif « en écusson » (musée de Carnac) et dont l’aspect anthropomorphe est selon nous pré-Castellic.
Une étude poussée de sa conception fait apparaitre une rectification du symbole crosse en hache emmanchée (E. Mens. 2006).

- tumulus Saint-Michel

125 m de long, 60 de large, et (actuellement) 10 m de haut. Il a été arasé pour y construire une chapelle durant l’ère chrétienne et devait probablement avoir une forme pyramidale. C’est un mélange de pierres, terres et vases à des strates différentes. Avec ses 35 000 m3 de matériaux déplacés, il est monumental, et représente peut-être 300 000 heures de travail. Ses dimensions et sa consistance rappelle les tumuli en terre de la culture Cerny.
On y trouve d’abord une présence mésolithique avec des charbons de bois, du néolithique ancien avec 3 tombes sous coffre, puis une tombe avec une collection de haches et pendeloques, un plancher en bois, et une hache alpine apportée ultérieurement (néolithique moyen I).
Puis le tout fut recouvert.
Le tombeau régulièrement fréquenté faisait donc probablement l’objet de processions rituelles.
Situé à 22 m d’altitude, il a été épargné par les vagues.
- tumulus Tumiac
Pyramide de 55 m de diamètre et 15 m de hauteur restée intacte sur la presqu’île de Sarzeau. Structurée en deux parties recouvertes d’une épaisse couche de vase puis corsetée de pierres et de terres. Tous les tessons sont du Castellic ancien (néolithique moyen I).
On y a trouvé plus de 100 perles en variscite, 15 haches alpines et 15 haches en fibrolithe. 1 seul individu y est enterré.
Altitude 15 m, il est resté préservé comme d’ailleurs les dolmens cités dans notre livre de Beaumer et Kerroch ; peut-être grâce à ce niveau qui serait la marque limite du tsunami.
- tumulus Petit Mont I
Tertre qui faisait face au Grand Menhir à l’entrée du Golfe côté Sarzeau. A 30 mètres d’altitude, il a pu rester indemne après les grandes vagues. Par contre, les différentes utilisations et ajouts de structure dont un blockhaus de la dernière guerre nous empêche de connaître son contenu initial.
- tumulus Mané Lud I
80 m sur 50 et 5.5 m de haut près du Grand menhir de Locmariaquer. Composé d’un caveau surmonté d’un cairn puis du sable avec de l’argile. On y trouve 2 cadavres, 1 seule hache en fibrolithe, un couteau et une poterie. Cela fait spartiate en comparaison des autres tumuli. Son altitude de 19 m l’a épargné. Comme d’autres, il a fait l’objet d’une extension en seconde période
De 4 300 à 4 000 av. JC (néolithique moyen II):
Après le tsunami, la taille, l’architecture et l’emplacement des tombes sont modifiés. Ce sont des cairns (tumuli composés principalement de pierres sèches et de dalles monumentales), ils deviennent collectifs, c’est-à-dire qu’ils accueillent plusieurs défunts, parfois des dizaines et sur plusieurs périodes par la construction de nouvelles chambres juxtaposées qui deviennent rectangulaires.
Les stèles sont souvent réemployées d’anciens tombeaux et surtout, ces dolmens à couloir sont construits plus en retrait du rivage dans l’arrière-pays ou plus en hauteur, ils se répandent à peu près partout : Nord de la Bretagne, les pays de la Loire, le poitevin, la Charente, etc… et surtout à l’écart du rivage du golfe de Gascogne. Cependant, les tumuli encore debout après le tsunami ont été conservés et agrandis en y ajoutant ces nouveaux cairns de pierres sèches protecteurs.
- tumulus Petit Mont II
Déjà mentionné ci-dessus, composé exclusivement de stèles en granite réemployées et de pierres sèches, il comprend 3 tombeaux à couloir sur la base de l’ancien tertre pré-tsunami mais avec une orientation modifiée.
- tumulus Mané Lud II
Il y avait à l’origine le tertre de sable et d’argile déjà cité ci-dessus qui a été épargné par la vague. On lui a ajouté après l’évènement, un dolmen rectangulaire avec couloir en réemployant là aussi nombre de stèles gravées avec un cachalot, des bateaux, des crosses, un carré et des haches dans le style Castellic.
Son originalité provient de la présence de 5 mandibules de chevaux (sauvages cela va sans dire, mais l’on recense déjà les premiers chevaux domestiqués près de Kiev à Derejivka: est-ce un cadeau princier ?)
Au-delà de Carnac (néolithique moyen I et II)
- tumulus de Barnenez (avant et après 4300 avant JC)
- tumulus de Carn
- tumulus de Guenioc
- tumulus de Bougon (avant et après 4300 avant JC)
- les tumuli géants de Charente et des Deux-Sêvres
Et Gavrinis ? (en chantier)
Je vais arrêter là. Wikipédia recense 65 tumuli uniquement pour le Morbihan et sans compter un nombre encore plus grand de dolmens, ces ossatures de tumuli érodés, qui foisonnent après le tsunami de 4300 avant JC. J’ai retenu les plus significatifs…
Conclusion
Ce que l’on peut retenir de cette coupure temporelle autour de 4 300 avant JC est que les architectes ont cherché à tenir compte de l’évènement tsunami en renonçant aux structures en terre (ou vase) probablement détruites ou endommagées par l’assaut des vagues tels des châteaux de sable. Ils ont aussi érigé les constructions sur les hauteurs, creusé des couloirs et économisé les moyens mis en œuvre par les réemplois de pierres issues des destructions du tsunami.
Pour l’aspect collectif des tombeaux, on pourrait y voir bien sûr un changement politique abrogeant la ploutocratie, mais d’autres raisons peuvent être recherchées :
C’est une constante après chaque tsunami pour les sociétés mégalithes du Pacifique, les habitudes d’ensevelissement changent et deviennent collectives.
Plus près des carnacéens, dans les Orcades au nord de l’Ecosse, et pour la civilisation mégalithique présente lors du tsunami d’Afen en 3000 avant JC, les tombes deviennent elles aussi collectives. Un chercheur spécialiste du domaine nous met en garde, il émet l’idée que le changement culturel constaté n’est que ponctuel et correspond à un afflux de cadavres qu’il faut ensevelir au plus vite ! pourquoi ne pas transposer cette remarque à Carnac ? (Cain G.et al.2018).
Bibliographie
Avant l’histoire, l’évolution des sociétés de Lascaux à Carnac. Par Alain Testart NRF Editions Gallimard 2012.
Téviec, Meurtre au Mésolithique, Documentaire réalisé par Hubert Béasse, production Vivement Lundi ! et France 3 Bretagne. 2022.
Genevieve Cain, James Goff & Bruce McFadgen. 2018. Prehistoric Coastal Mass Burials: Did Death Come in Waves?. J Archaeol Method Theory (2019) 26:714–754 https://doi.org/10.1007/s10816-018-9386-y.
Galles René, Lefebvre M. (1863) :
Manné-er-H’Roëk. Dolmen découvert sous un tumulus à Locmariaquer. Bulletin de la société polymathique du Morbihan, 2ème
semestre 1863, p.18-33.
Mens Emmanuel. (2006). Méthodologie de l’étude
technologique des gravures néolithiques armoricaines. Origine et développement
du mégalithisme de l’ouest de l’Europe. Joussaume R., Laporte L., Scare C.
Actes du colloque international, 26-30 octobre 2002 Bougon, Niort, conseil général des Deux-Sèvres vol 2 p. 719
(cette page est en chantier, je vais ajouter des liens pour certains tumuli par la suite…)
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