Sainte Barbe

Dessin 2 Gravure Samson sur Rance

Le site se situe au milieu du vaste ensemble des alignements de Carnac comme un éperon tourné vers l’océan.

Pour localiser ce petit village breton sur une carte, il faut chercher à 2 km au nord-ouest de Plouharnel.

Adossée à la crête côtière qui domine l’océan de 20 m sur toute la région, Sainte Barbe possède un alignement mégalithe identique par sa forme et son origine à ceux proches de Carnac.

A partir de la plage de sable fin se dresse le cordon dunaire. Puis une étendue de 1.5 km de terrain vague, un peu tourmentée, dénudée, plate et sableuse marque une zone militaire préservée de toute habitation humaine.

Elle témoigne peut-être du paysage que pouvaient rencontrer les hommes du néolithique.

Une zone humide avec un petit marais, une source, un vieux lavoir et quelques arbres, annoncent enfin l’élévation du relief, l’église et les premières habitations.

Du promontoire de l’église qui domine un vaste paysage, on regarde la mer.

Au sud Quiberon tend vers l’horizon et l’île de Groix s’observe à 20 km à l’ouest.

Je gravis les derniers mètres à la sortie du village pour trouver le champ et ses menhirs sur la droite.

Nous sommes à 19 m d’altitude.

Photo 2 Alignement de Sainte Barbe, 1 des 2 rangées et au fond les 3 blocs perpendiculaires.

Elles ne paient pas de mine, mais elles sont bien là, 21 pierres groupées sur 2 lignes, et de petite taille (1.5 m). John Bathurst Deane dans son Dracontium recense et dessine pour Ste Barbe en 1832, 56 menhirs sur 3 rangées.

Carte 4 L’alignement de Sainte Barbe à différentes périodes

(1832 vs 2023)

Là comme ailleurs, dans la région de Carnac, le temps, l’urbanisation, l’agriculture mécanisée, les routes et le chemin de fer ont dérangé ces traces du passé vieilles de 6 000 ans.

L’alignement est parallèle à la mer, et ses pierres tournées face aux éléments semblent défier l’océan, hormis 3 gros menhirs plus imposants, perpendiculaires aux autres et probablement érigés à une autre période.

Sachant que cette structure poursuit les alignements de Carnac un peu plus loin, cela forme comme une petite muraille de chine défiant l’océan.

Est-ce pour repousser une invasion ? Cela parait dérisoire, il vaudrait mieux se situer près du rivage pour empêcher un débarquement. Ce n’est pas non plus un point d’observation, cela ne nécessiterait pas autant de pierres ! Alors pourquoi ?

Ici, plus qu’à Carnac on ressent la présence de la mer.

L’espace vide entre la plage et le village incite à la rêverie.

Je regarde le paysage, et je songe malgré moi à l’impact qu’aurait eu ici un tsunami comme à Sumatra en 2004 avec ses 250 000 morts, puis au Japon en 2011.

Notre inconscient collectif aidé par un monde médiatisé devenu village est marqué par ces évènements et je ne peux m’empêcher de faire le lien avec l’orientation des alignements qui deviennent pour moi et dorénavant une « muraille » face aux éléments.

Ouvrages hydrauliques ? (suivant)

A quoi servent les alignements ? (retour)

Sommaire